Dans le bloc de terre
Ce travail est un travail de la terre mais aussi du corps, d’un corps revenu à la terre. Je me confronte à elle, je m’y colle, m’y frotte, m’y heurte. Cherchant à m’y enfouir comme un retour à la matrice première. Je construis et déconstruis. Je malaxe, tire, creuse avec les mains mais aussi les pieds, les coudes et n’utilise que très peu d’outils. Je me débarrasse de l’essentiel, du plaisant, du séduisant, de l’anecdotique. Cependant la recherche d’une forme « vivante » dans l’espace reste essentielle. Que la lumière puisse circuler dans les creux, les pleins, les vides, avec attention. Les contraintes techniques me limitent quelquefois dans la liberté du geste. J’essaie d’être au plus près de l’énergie physique qui m’habite et que je souhaite faire transparaître au final.
Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.
René Char
This work is work of the clay, but also of the body, of a body returned to the clay. I confront it, I stick to it, rub against it, collide with it. Seeking to bury myself in it, like a return to the primordial matrix. I build and deconstruct. I knead, pull, dig with my hands but also with my feet and elbows, using very few tools. I get rid of the essential, the pleasant, the seductive, the anecdotal. However, the search for a “living” form in space remains essential. Light must be able to circulate carefully in the hollows, the solids, the voids. Technical constraints sometimes limit my freedom of movement. I try to stay as close as possible to the physical energy that inhabits me and that I want to bring out in the end result.
A poet must leave traces of his passage, not evidence. Only traces inspire dreams.
René Char.