Les carapaces
Le travail des carapaces s’effectue essentiellement au sol par « marchage » de vingt à trente kilos de terre. La matière au sol une fois aplatie est soulevée et maintenue par toutes sortes d’objets (tessons de céramique, briques, pierres, morceaux de bois, vieux bols et coupelles, mousses, tissus) que j’ai disposés, au préalable, tout autour de moi.
Une fois la terre montée, et que la forme me convient, elle subit quelques transformations pour laisser échapper des ouvertures. Je soulève certains endroits, où je troue, perce, griffe et déchire. Ainsi lorsque je la soulève, les entailles s’élargissent et prennent vie.
Le sculpteur trouve la forme par élimination de l’informe. Le modeleur devant son bloc d’argile trouve la forme par déformation, par une végétation rêveuse de l’amorphe.
Gaston Bachelard
The shells are essentially worked on the ground by ”walking” twenty to thirty kilos of clay. Once flattened, the ground material is lifted up and held in place by all kinds of objects (ceramic shards, bricks, stones, pieces of wood, old bowls and bowls, moss, tissue) that I’ve placed around me beforehand.
Once the clay has been assembled, it undergoes a few transformations to reveal openings. I lift it in certain places, pierce, claw and tear. So when I lift it, the cuts widen and come to life.
The sculptor finds form by eliminating the formless. The modeler, faced with a block of clay, finds form through deformation, through a dreamlike vegetation of the amorphous.
Gaston Bachelard